Séminaire "Une histoire visuelle de la ville"

INHA, salle Walter Benjamin  -  2 rue Vivienne  -  75002 Paris
Séance du lundi 23 mai 2005, dirigée par Vincent Guigueno et Stéphane Füzessery
Salle Walter Benjamin, INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris, 13h-16h.

L'analyse historique de la ville s'arrête-t-elle au seuil de la projection cinématographique? La lecture d'un récent dossier consacré aux «imaginaires parisiens» permet de préciser les difficultés méthodologiques qui perdurent dans l'usage des films comme source ou comme récit. Dans leur introduction, Jean-Louis Robert et Myriam Tsikounas indiquent que le cinéma travaille sur les représentations et non sur la réalité sociale de la ville, maintenant fermement la distinction entre les stéréotypes et le «réel» des classes laborieuses parisiennes[1]. Malgré ses qualités plastiques, «Le Paris recréé en studio par Alexandre Trauner et Lazare Meerson dans les années 1930, qui renvoie directement à l'iconographie du XIXe, est tout aussi anachronique que le Montmartre d'Amélie Poulain, nouvelle variation sur un "vieux Paris" dont le siècle tout entier recycle les figures et entretient une nostalgie d'artifice en l'opposant aux mutations urbaines, des percées de l'hausmannisation aux éventrations des Trente Glorieuses». Le cinéma est le «reflet d'un reflet» et non un «reflet du réel», ce qui n'est guère plus flatteur. Partant de ce postulat, la critique historienne d'un film se transforme vite en cours d'histoire sur les événements dont l'oeuvre, dans une lecture par défaut, ne rend pas compte[2].

L'objet de la séance sera de faire le point sur les expériences cinématographiques des historiens en matière d'histoire urbaine, en général (introduction par Vincent Guigueno, Ecole nationale des Ponts et Chaussées), et dans le cadre d'une thèse en cours sur les imageries de Berlin (Stéphane Füzessery). Le troisième intervenant sera Mathieu Flonneau, maître de conférences en histoire à l'Université Paris I, dont la thèse sur Paris et l'automobile sera publiée prochainement (Hachette, 2005) Quelles sont les contraintes liées à l'utilisation de sources visuelles dans un travail d'histoire urbaine contemporaine, où elles sont généralement abondantes, donc chronophages, et, in fine, techniquement et financièrement difficiles à intégrer dans un livre?

Nous accueillerons également Mark Shiel, maître de conférences à King's College (University of London), qui a dirigé, avec Tony Fitzmaurice, deux livres collectifs sur la ville et le cinéma, Cinema and the City: Film and Urban Societies in a Global Context (Blackwell, 2001) et Screening the City (Verso, 2003). Son livre sur le cinéma et la ville en Italie après la deuxième guerre mondiale - Italian Neorealism: Rebuilding the Cinematic City after World War Two - va apparaître en Septembre 2005 (Wallflower Press). Actuellement il travaille sur un deuxième livre, American Cinema, 1968-1974: Radical Agendas and the Politics of Space. Sa contribution s'aqpuiåra$sur ces multiples expériences pour brosser le paysage intellectuel des film studies et de leur application à l'étude conjointe des villes et du cinéma.

[1]. « Imaginaires parisiens », Sociétés et représentations, 17, 2004.
[2]. Voir par exemple la critique du Stalingrad de Jean-Jacques Annaud par Jean-Jacques Becker dans Vingtième siècle. Revue d'histoire, n° 72, octobre-décembre 2001, p. 150-151.
Date
  • le lundi 23 mai 2005 à 13h
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