Le racisme en Corse. Quotidienneté, spécificité, exemplarité

Sur l'ouvrage

Alors que la Corse est régulièrement mise sous les projecteurs des médias et des rapporteurs institutionnels pour des faits de racisme ; alors que les Corses eux-mêmes perçoivent à leur encontre un climat de défiance qui évoque lui aussi le racisme ; qu’en est-il au fond de ces débats récurrents ? Quelles en sont les prémiceSQ)7»? Sur quelles réalités se fondent-ils ? Quels actes et quelles paroles ?

Issue d’un travail universitaire, la présente étude propose une analyse sociologique du racisme présent en Corse. Il s’agit de penser celui-ci dans le cadre des mutations locales, nationales et globales, en plaçant les acteurs sociaux au centre de la réflexion, à partir d’un questionnement portant sur les aspects quotidiens du racisme, leurs sources et leurs implications.

La première partie de l’ouvrage s’intéresse aux débats publics sur le racisme en Corse au cours des années 2000, à leurs termes, leurs acteurs et leurs cadres explicatifs. Elle montre que les interventions publiques sur le racisme en Corse font souvent  l’impasse sur ses manifestations les plus quotidiennes et paraissent, in fine, insuffisantes pour comprendre l’expérience vécue des individus minorisés.

Ce sont les contours de cette expérience qui sont présentés dans une seconde partie, à partir d’une réflexion portant sur la diversité des processus de différenciation. Les mécanismes à l’œuvre ne sont, en effet, pas les mêmes d’un groupe minorisé à l’autre. Tous ne relèvent pas du racisme. Pourtant, l’expérience de plusieurs individus minorisés indique la prégnance d’un racisme diffus dans l’île.

La troisième partie cherche à en étudier les manifestations. Elle s’intéresse aux représentations, pratiques et discours racistes en soulignant leurs dimensions globales, nationales, locales et micro-locales et amorce une réflexion, développée dans une quatrième partie, sur les spécificités du racisme dans l’île.

Cette dernière partie montre l’importance des dimensions conjoncturelles et politiques du racisme. Si le contexte insulaire est clivé par des frontières, ethniques, raciales, sociales et genrées qui sont étroitement liées à la structuration de l’espace social et confèrent au racisme des spécificités, ce dernier s’enracine toutefois, aujourd’hui, dans la déstructuration et la mutation de ces formes sociales.

Sur l'auteure

Marie Peretti-Ndiaye est docteure en sociologie et membre associée au Centre d'Analyse et  d'Intervention Sociologiques (CADIS, CNRS-EHESS). Elle enseigne actuellement la sociologie à l’Université Paris-Est Créteil Val de Marne.
Date
  • le jeudi 17 avril 2014
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