Le commerce des idées philosophiques

Le sens et de la valeur des œuvres philosophiques, comme de tous les autres biens culturels, dépend, pour partie, des conditions de leur réception et de leur circulation parmi une multitude de lecteurs et d’interprètes. Ce commerce des œuvres philosophiques donne lieu à des affrontements pour la définition de la pensée « authentique » d’un auteur et, plus encore, pour le monopole de la lecture légitime. Les importations et exportations de textes et d’auteurs entre pays mais aussi entre disciplines constituent des situations quasi expérimentales pour l’observation de ces luttes symboliques.
Les contributions réunies dans ce volume étudient des cas particulièrement éclairants de ce commerce national et international des idées philosophiques. Comment des figures majeures comme Kant, Nietzsche, Wittgenstein ont-elles pu migrer, revivre ou renaître ? Comment l’importation a-t-elle pu servir, dans certains cas, des visées politiques ? Pourquoi certains importateurs font-ils un retour à Simmel et Tarde ? En quoi consiste l’importation de produits postmodernes de prestige  dans un pays et une discipline dominés?
Telles sont quelques unes des questions abordées dans cet ouvrage où l’érudition n’a pas d’autre fin que de contribuer, grâce à l’angle choisi, à une sociologie des œuvres philosophiques et, par là, à celle des biens culturels.

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