L'imaginaire moderne de la cathédrale

EHESS - Amphithéâtre  -  105, bd Raspail  -  75006 - Paris

L'imaginaire moderne de la cathédrale

Journées d'études organisées par Georges Roque et Philippe Roussin. Centre de recherches sur les arts et le langage, CNRS-EHESS

16 et 17 janvier 2006
École des hautes études en sciences sociales
Amphithéâtre
105 Bd. Raspail, 75006 Paris

Argumentaire :

Depuis John Ruskin et Maurice Denis, jusqu'à Gropius et Mies van der Rohe ou Kupka et Pollock, la cathédrale exerce, bien au-delà de sa seule dimension religieuse, une fascination manifeste sur les artistes, les architectes, les historiens et théoriciens qui ont oeuvré à faire advenir la modernité.

Lieu d'une croyance collective autant qu'oeuvre d'art (H. Belting), la cathédrale est promue au rang d'un véritable modèle qui permet de sauter allègrement par-delà la Renaissance pour se tourner vers le Moyen Age. Modèle de l'oeuvre d'art total, c'est-à-dire d'une division du travail dans laquelle le collectif prime sur l'individu et où les artisans concourent au résultat final - d'où son importance pour le Bauhaus. Modèle d'une intégration des arts au moment de l'hégémonie de l'architecture dans le cadre du Retour à l'ordre. Modèle d'un art collectif au moment où le cinéma s'impose comme l'art de masse du vingtième siècle et où critiques et historiens d'art s'interrogent sur la fonction sociale de l'art. Modèle de fonctionnalité technologique pour la pensée architecturale et urbanistique du mouvement modernerêvant une utopie de l'usine et de la ville, elle est alors envisagée tantôt, à travers son système constructif, comme une façon de répondre aux besoins de l'architecture moderne en même temps qu'elle permet de reposer le débat sur l'architecte-ingénieur ; tantôt, à travers sa plastique, comme un symbole spirituel ou une forme d'harmonie nouvelle du corps social. Modèle du monument pour la photographie à ses débuts.
Métaphore du livre et objet d'un regard moderne chez Proust dans la Recherche du temps perdu. Modèle enfin de verticalité pour les peintres soucieux de mettre en avant la planéité de la toile.

Objet d'une réévaluation positive à partir de la fin du dix-huitième siècle, le goût pour le gothique apparaît comme un renoncement aux canons classiques, renoncement qui constitue une des sources de la modernité, au même titre que le sens de la rupture, l'accent mis sur la nouveauté et l'individualité de l'artiste créateur qui forment la doxa du récit canonique du modernisme. Comment l'image de la cathédrale en est-elle venue à incarner, à symboliser et à cristalliser cette nouvelle aspiration, c'est ce que nous souhaitons explorer dans ces deux journées d'études.

Programme :

Lundi 16 janvier 2006

  • 9h Accueil des participants
  • 9h30 Ouverture du colloque, Jean-Marie Schaeffer, Directeur de recherche au CNRS, Directeur du CRAL
  • Roland Recht, Professeur au Collège de France : « La cathédrale, un mythe moderne »

Session 1. Président de séance : Roland Recht

  • 10h - 10h 45 Jacques Le Rider, Directeur d'études, École Pratique des Hautes Études : «Le thème de la cathédrale imaginaire et des ruines gothiques chez Friedrich et Schinkel»
  • 10h 45 - 11h 30 Stephanie A. Glaser, Université de Copenhague : « Ceci n'a pas tué cela : tour de fer et tours de pierre »
  • 11 h30 - 12h pause
  • 12h - 12h 45 Ségolène Le Men, Professeur  d'histoire de l'art contemporain à l'Université  de Paris X-Nanterre, membre de l'IUF : « Un gratte-ciel cathédrale : le Chicago Tribune Tower»
  • 12h 45 - 14h 30 pause déjeuner

Session 2. Présidente de séance : Ségolène Le Men

  • 14h30 - 15h15 Maria Stavrinaki, Maître de  Conférences en histoire de l'art contemporain,
  • Université Paris I : « La "cathédrale" expressionniste : le retour à l'ordre en Allemagne »
  • 15h15 - 16h Jean-Pierre Greff, Directeur de l'École supérieure des Beaux-Arts de Genève :
  • «L'imaginaire de la cathédrale durant les années de l'Occupation, entre refuge et exaltation»
  • 16h - 16h 15 pause
  • 16h 15 - 17h Jean-Michel Lenicud, Eizecteur  d'études à l'École Pratique des Hautes Études,  Professeur à l'École des Chartes : « Un projet de cathédrale pour Paris : "Le maître d'oeuvre", roman de Guy des Cars (Flammarion, 1945) »

Mardi 17 janvier 2006

Session 3. Président de séance : Jean-Michel Leniaud

  • 10h - 10h 45 Michel Coste, ingénieur de recherche  honoraire, CRAL-EHESS, et sculpteur : « Les cathédrales de Rodin, 'vierges sublimes de beauté' »
  • 10h 45 - 11h 30 Joëlle Prungnaud, Professeur de  littérature comparée, Université Charles-de-Gaulle Lille 3 : «La cathédrale gothique : modèle et contre-modèle au tournant du XIXe siècle »
  • 11h 30 - 12h pause
  • 12h - 12h 45 Marielle Macé, CNRS, CRAL-EHESS : « Une figure de la synchronie, de Péguy à Quignard ».
  • 12h 45 - 14h 30 pause déjeuner

Session 4. Présidente de séance : Stephanie A. Glaser

  • 14h 30 - 15h15 Georges Roque, CNRS, CRAL-EHESS : « La façade comme surface, de Monet à l'art abstrait »
  • 15h 15 - 16h Claudine Cohen, EHESS : «Le modèle de la cathédrale dans l'approche
  • morphologique du vivant : de D'Arcy Thompson à  Stephen Jay Gould»
  • 16h - 16h 15 pause
  • 16h 15 - 17h Débat général
  • 17h Cocktail de clôture
Entrée libre

Date
  • du lundi 16 janvier 2006 à 09h au  mardi 17 janvier 2006 à 17h
Contact

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